Le contrôle ou la confiance ?
Et si derrière le contrôle, il y avait simplement de la peur?
En tant qu’humaine, avec mes expériences de vie, mes blessures, mes apprentissages et mes analyses,
voici ce que je pense, du fond du cœur…
Je pense qu’on se trompe parfois sur le contrôle.
On pense qu’une personne contrôle parce qu’elle veut avoir du pouvoir sur les autres.
Mais souvent, derrière le contrôle, il y a simplement de la peur.
La peur de perdre quelqu’un qu’on aime, son enfant, sa conjointe, son conjoint, un proche…
La peur de perdre sa santé.
La peur de perdre son emploi, son argent, sa maison, ses repères.
La peur que quelque chose arrive à nos enfants.
La peur de l’inconnu.
Et surtout… la peur de mourir.
Parce qu’au fond, nous savons tous qu’un jour, nous allons perdre des gens que nous aimons
et qu’un jour, notre propre vie aura une fin.
Et peut-être que c’est justement cette peur de la fin qui nous pousse autant à vouloir contrôler la vie.
On veut retenir les gens.
On veut protéger nos enfants de tout.
On veut être certain que demain sera correct.
On veut éviter les risques, les erreurs, les pertes.
Mais la vie ne nous appartient pas.
On naît. On vit. Et un jour, on meurt.
Et peut-être que le jour où nous accepterons vraiment cette réalité, quelque chose changera en nous.
Parce que peut-être que c’est justement lorsque nous arrêtons de vouloir retenir la vie à tout prix…
que nous commençons réellement à la vivre.
Et plus la peur est grande, plus notre besoin de contrôler peut devenir grand.
On veut prévoir, protéger, organiser, mettre des règles, éviter les risques…
parce que tout ça nous donne un sentiment de sécurité.
Et parfois, cette peur de perdre peut même nous amener à mentir.
On cache une vérité.
On ne dit pas tout.
On arrange les choses à notre façon.
Pourquoi?
Parce qu’au fond, on se dit :
« Si je lui dis la vérité, je risque de le perdre. »
Alors on ment pour garder.
On contrôle pour garder.
On retient pour garder.
Mais peut-on vraiment garder quelqu’un en ayant peur de le perdre?
Et est-ce que ce qu’on réussit à conserver par la peur, le contrôle ou le mensonge?
Peut-on réellement considéré que cette relation est basée sur la confiance?
On peut avoir des règles pour tout, prévoir tous les scénarios, essayer de tout encadrer…
et malgré tout, la vie restera imprévisible.
Et surtout, on ne peut pas empêcher la vie de suivre son cours.
Je pense que lorsque nous acceptons un peu plus cette réalité, quelque chose change en nous.
On passe tranquillement de :
« Il faut que je contrôle pour que tout aille bien. »
à :
« Je vais faire ma part… et pour le reste, je vais apprendre à faire confiance. »
Et comme parent, je trouve que cette réflexion est particulièrement importante.
Parce que lorsqu’on aime nos enfants, nos peurs deviennent énormes.
On veut les protéger de tout.
Alors on impose des heures de rentrée, des interdictions, des règles,
des « ne fais pas ci, ne fais pas ça », « ne va pas là », « je veux savoir avec qui tu es, où tu vas ».
Et oui, nos enfants ont besoin d’encadrement. Ils ont besoin de limites et de sécurité.
Mais il faut parfois se poser une question :
Est-ce que je suis en train d’enseigner la sécurité et la confiance à mon enfant…
ou est-ce que j’essaie surtout de calmer ma propre peur?
Parce qu’un jour, nous ne serons plus là pour lui dire quoi faire.
Nous ne pourrons pas choisir ses amis, surveiller ses déplacements ou lui dire comment réagir à chaque situation.
Alors qu’est-ce qu’on veut vraiment lui donner?
Une liste de règles à respecter?
Ou la capacité de réfléchir, de faire de bons choix et de se faire confiance?
Peut-être que notre rôle n’est pas de protéger nos enfants de tout ce qui pourrait leur arriver.
Peut-être que notre rôle est plutôt de leur apprendre à reconnaître ce qui est sécuritaire, à écouter leur instinct, à poser leurs limites, à demander de l’aide, à développer leur propre jugement et à apprendre à vivre avec les conséquences de leurs choix.
Bâtir un humain, ce n’est pas lui éviter toutes les difficultés ni lui éviter de faire des erreurs. Bâtir un humain, c’est lui apprendre quoi faire lorsqu’il se trompe, lorsqu’il tombe ou lorsqu’il rencontre une difficulté. C’est lui donner les outils pour se relever lorsqu’une épreuve arrive, lorsqu’une erreur est commise ou lorsque la vie ne se passe pas comme prévu.
Et peut-être que la plus belle preuve d’amour, c’est aussi de laisser l’autre vivre ses propres expériences.
De mettre de côté nos projections, nos peurs et nos propres scénarios.
Parce que ce que nous croyons être la meilleure personne pour dire à l’autre quoi faire… parce qu’on la vécu!!!
Il faut se dire à chacun son histoire…
Aimer, ce n’est pas choisir son chemin à sa place.
C’est être là pour l’accompagner, lui faire confiance et lui permettre de découvrir qui il est vraiment.
Parce qu’on ne peut pas apprendre à quelqu’un à avoir confiance
en lui si on lui montre constamment qu’on ne lui fait pas confiance.
Laisser vivre, ce n’est pas abandonner.
C’est faire confiance.
Parce qu’un enfant qui obéit uniquement parce qu’il a peur des conséquences
n’a pas nécessairement appris à faire de bons choix.
Mais un enfant à qui on apprend à réfléchir et à prendre des décisions
développe quelque chose de beaucoup plus précieux :
la confiance en lui.
Bien sûr, il faut des limites.
Mais les limites peuvent aussi devenir des apprentissages.
Parce qu’au fond, notre rôle de parent n’est pas de contrôler nos enfants toute leur vie.
C’est de les accompagner jusqu’à ce qu’ils soient capables de se faire confiance à eux-mêmes.
Et ça demande quelque chose de très difficile pour nous, les parents :
accepter qu’ils vont faire des erreurs.
Parce que même si on met cent règlements, même si on surveille tout, même si on essaie de prévoir tous les dangers…
il arrivera quand même ce qui arrivera.
On ne peut pas contrôler la vie de nos enfants.
On peut par contre leur apprendre à vivre.
Et je pense que c’est aussi là que la foi prend tout son sens.
Dieu nous demande de mettre nos peurs de côté et de faire confiance.
Pas parce que rien de difficile ne nous arrivera.
Mais parce que nous ne sommes pas appelés à vivre constamment dans la peur de ce qui pourrait arriver.
Nous pouvons faire notre part.
Aimer.
Protéger.
Encadrer.
Transmettre nos valeurs.
Puis, à un moment donné, il faut accepter que nous ne sommes pas maîtres de tout.
Il arrivera ce qui arrivera.
Et peut-être que la vraie confiance, c’est justement ça :
faire notre part, puis remettre le reste entre les mains de Dieu.
Parce que la confiance ne signifie pas croire qu’il ne nous arrivera jamais rien.
Elle signifie :
« Je ne sais pas ce que la vie me réserve, mais je sais que je pourrai traverser ce qui viendra. »
Et peut-être que c’est ça, le vrai contraire du contrôle.
Pas le laisser-aller.
La confiance.
Et peut-être que notre peur de parents ne devrait pas devenir la prison de nos enfants.
Elle devrait devenir une occasion de leur apprendre à avoir confiance en eux.
Et à leur apprendre, tranquillement, ce que nous avons nous-mêmes tant de difficulté à faire :
faire confiance à la vie.
Faire confiance à Dieu.
Et faire confiance à soi.
Annie xx
Parce que peut-être que le jour où nous acceptons vraiment que nous sommes ici pour un temps limité…
c’est justement le jour où nous commençons enfin à vivre.
Cette réflexion a fait naître une œuvre…
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